Ils ont d'abord été efrrayés par ces grands "chiens" sur lesquels étaient juchés de drôless d'étrangers au visage couvert de poils et aux doights prolongés par des "bâtons de feu". La stupeur des Indiens ne durera pas longtemps. Alors que c'est le seul continent où les ancêtres d'Equus caballus ne sont pas développés jusqu'au stade terminal, l'Amérique du Nord, comme l'Amérique du Sud, va devenir en moins d'un siècle la patrie du cavalier par excellence. La conquête a tout juste cent ans, et déjà, à la fin du XVIe siècle, et au début du XVIIe, les indiens apprivoisent les chevaux des conquistadores, redevenus sauvages, et apprennent à les monter avec une rapidité et une aisance sidérantes. Depuis, "Frère Cheval" accompagne l'Idien partout, y compris dans ses rêves et ses rites, comme s'ils avaient toujours vécu ensemble. Pour le meilleur et pour le pire : le massacre de la cavalerie indienne à Wounded Knee en 1890 signe l'arrêt de mort des premiers peuples libres d'Amérique du Nord.